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La France, premier marché européen du soutien scolaire

mercredi 20 juillet 2011

La majeure partie du soutien scolaire « au noir »

Le marché du soutien scolaire englobe tous les moyens mis en œuvre par des professeurs publics ou privés afin de venir en aide à certains élèves en difficulté. Les plateformes d’éducation en ligne, les outils pédagogiques et l’accompagnement scolaire privé font partie intégrante de ce vaste système. L’étude de la Commission Européenne, menée par Mark Bay, se porte donc particulier sur ces secteurs de l’enseignement dans plusieurs pays européens. Après quatre ans de recherche sur le sujet, le verdict de M. Mark Bay a été remis aux décideurs européens.

Ce rapport met particulièrement en avant que le soutien scolaire privé génère des flux économiques énormes. Le document en question mentionne que les Français ont dépensé en 2007 environ 2,2 milliards d’euros dans le soutien scolaire. Cette somme équivaut à environ 3 % du budget de l’éducation dans le pays. La France devance ainsi l’Allemagne (1,5 milliard), la Grèce (950 millions), l’Espagne et l’Italie dans ce domaine. Le document rapporte cependant qu’une grande partie de ce marché se déroule « au noir » et qu’aucune réglementation formelle n’a été imposée jusqu’à ce jour.

Le soutien scolaire alimente-t-il les inégalités ?

Selon Mark Bay, cette somme dépensée dans le soutien scolaire profite surtout aux enfants privilégiés, ce qui laisse suggérer des inégalités de l’éducation en France comme dans le reste d’Europe. Le chercheur soulève ainsi un problème social majeur que peut induire ce déséquilibre constaté dans l’éducation française. Si rien n’est fait, le soutien scolaire continuera de favoriser les familles riches qui peuvent s’offrir des cours particuliers de qualité. Les enfants de famille moyenne se contenteront de leur côté des cours de base, souvent incomplets, dispensés dans les établissements publics.

Conscient de ces inégalités grandissantes, Jan Truszczynski, à la tête de la section « Éducation et culture » de la Commission européenne, estime qu’il faudrait sensibiliser l’opinion des décideurs politiques à ce sujet. « Briser le silence » dans le domaine du soutien scolaire constituerait selon lui la première étape à franchir afin d’améliorer les conditions générales de l’éducation en France et en Europe. Mark Bay recommande de son côté aux politiciens d’oser les « décisions difficiles » sur ce sujet pour ne pas laisser les forces du marché prendre les rênes de l’éducation européenne.

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